Au cœur des soins, la place de la personne
Lors d'une consultation médicale, d'une hospitalisation ou d'un accompagnement à domicile, la qualité des soins ne repose pas uniquement sur les actes médicaux. Elle dépend aussi de la place accordée à la personne soignée, à sa parole, à ses choix et à son expérience. C'est de cette conviction qu'est née la campagne 2026 d'Énéo : « L'âge ne retire pas le droit de décider ».
À travers cette campagne, nous souhaitons ouvrir le dialogue sur une réalité qui passe souvent inaperçue : l'âgisme dans les soins. Cette forme de discrimination liée à l'âge est parfois discrète, involontaire, voire banalisée. Pourtant, elle peut avoir un impact réel sur le sentiment de dignité, d'autonomie et de reconnaissance des personnes âgées.
Une situation familière ?
Lors d'une consultation médicale, il arrive que les questions et les explications destinées à une personne âgée soient adressées en priorité à la personne qui l'accompagne plutôt qu'à elle-même.
Pourtant, c'est cette dernière qui vit la situation, qui reçoit les soins et qui devra vivre avec les décisions prises. Lorsque sa parole est moins entendue, moins sollicitée ou remplacée par celle d'un proche, le risque est grand qu'elle soit progressivement écartée des choix qui concernent sa santé et sa qualité de vie.
L'âgisme dans les soins : une réalité qui passe souvent inaperçue
Les témoignages recueillis auprès de membres d'Énéo révèlent des situations récurrentes vécues par de nombreuses personnes âgées. Souvent involontaires, ces attitudes reposent sur des idées reçues concernant l'âge, l'autonomie ou les capacités des personnes âgées.
Nous les avons regroupées en quatre grandes catégories.
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Infantilisation
Traiter une personne âgée comme un enfant, en supposant qu'elle comprend moins bien ou qu'elle a besoin d'être constamment assistée.
« L'infirmière me demande chaque matin si j'ai bien pris mon petit médicament, comme à un enfant. »
« À l'admission, on m'a demandé si j'avais besoin d'aide pour compléter le formulaire. Je sais lire et écrire, quand même. »
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Invisibilisation
Parler d'une personne plutôt qu'avec elle, ou considérer qu'un proche peut répondre à sa place.
« Lorsque je suis accompagnée de mon mari, c'est à lui que le professionnel de santé s'adresse en priorité. »
« Lorsque c'est ma fille qui m'accompagne, le dialogue s'installe naturellement entre elle et le médecin. Moi, je n'existe plus. »
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Minimisation
Attribuer automatiquement certaines difficultés, douleurs ou symptômes à l'âge sans les prendre pleinement en considération.
« Mon médecin me dit qu'à mon âge, les petites pertes de mémoire sont inévitables. »
« À force de dire que j'ai un peu mal, j'ai l'impression qu'on ne m'écoute plus. »
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Dépossession
Prendre des décisions à la place de la personne ou limiter son autonomie "pour son bien".
« Mes enfants estiment que je serais mieux dans une maison de repos. Ils sont en train de faire les démarches, mais je n'en ai pas envie. »
« Cela m'agace quand on me dit : "Laisse, je vais le faire." J'en suis encore capable, tout de même. »