Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes âgées : la société civile belge envoie un signal fort au gouvernement.

Plus de 100 participants ont pris part, ce 25 mars à Namur, à la journée d’étude organisée par Énéo et droits devant consacrée à la future Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes âgées. Une participation record qui confirme l’importance pour les aînés (et pour l’ensemble de la société civile) de peser dans un processus onusien où la Belgique est désormais appelée à clarifier sa position.
Une mobilisation d'actualité
D'ici au 22 avril 2026, les États sont invités à envoyer une contribution écrite quant à l'esprit général et aux principes de la future convention. Cet appel à contributions rend indispensable la formulation d’un point de vue belge structuré. La mobilisation organisée ce 25 mars montre que la société civile se tient prête à échanger avec le gouvernement fédéral et les entités fédérées à ce sujet.
"Mais malgré l’invitation adressée à plusieurs ministres et à plus de 30 parlementaires, un seul collaborateur de parlementaire a assisté à la journée. La société civile tend une main très claire aux différents niveaux de gouvernement : les aînés sont prêts à contribuer." a rappelé Sylvie Dossin, secrétaire politique d'Énéo.
Immobilisme de la Belgique : des précédents qui invitent à la vigilance
Fin février, la première session du groupe de travail chargé de préparer une convention internationale sur les droits des personnes âgées s’est tenue à Genève. Si plusieurs États ont plaidé pour un texte ambitieux et une implication forte de la société civile, la Belgique - bien que présente - est restée silencieuse. Déjà en avril 2025, la Belgique n'avait pas co-sponsorisé la résolution décidant de la création du groupe de travail. Le gouvernement avait pourtant pris position en faveur de cette future convention dans son accord de coalition fédérale.
Un texte nécessaire pour lutter contre l'âgisme
Les experts intervenus hier ont encore rappelé que les aînés font face à des obstacles spécifiques pour exercer leurs droits fondamentaux dans la vieillesse.
"Cette future convention peut réellement changer notre regard sur la vieillesse et faire évoluer les pratiques en Belgique et dans le monde. Cela donnerait des appuis juridiques pour lutter contre l’âgisme systémique, pour garantir des recours en cas d’abus, et pour défendre la participation citoyenne des personnes âgées." a résumé Estelle Huchet, cofondatrice de droits devant.
A l'instar de la convention pour les droits des personnes en situation de handicap, la nouvelle convention permettrait de rappeler que les personnes plus âgées doivent pouvoir jouir des mêmes droits que le reste de la population.
Comme le rappelait Gisèle Marlière, présidente du Belgian Disability Forum à propos de la convention sur les droits des personnes en situation de handicap : "Une convention donne la possibilité à des associations de se regrouper pour interpeler des autorités nationales, puis supranationales, pour contraindre l’Etat. On a eu des résultats, par exemple, l’inclusion dans l’enseignement a avancé. Pas dès le lendemain, mais ça force des portes."
"Rien pour les aînés, sans les aînés" : des partenariats à construire
La journée d’étude affichait complet. Et des dizaines de personnes étaient sur liste d’attente. Cette forte mobilisation témoigne d'une volonté de la société civile de s'impliquer dans le processus onusien. A la suite de cette mobilisation, Énéo et droits devant invitent le gouvernement belge à :
- soutenir activement l’élaboration d’une convention ambitieuse.
- se positionner publiquement lors des prochaines étapes du processus onusien.
- garantir la participation des organisations représentatives des aînés dans la préparation de la position belge.
