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La pandémie : Questions de vie et de mort !

La pandémie nous ramène à notre propre vie et notre propre mort, avec à la clé la promesse probable d’une renaissance !

Nous avons à notre actif 7 semaines de confinement et septante deux heures de déconfinement partiel, avec dans leur sillage, des tracas et des questions plein la tête, des angoisses par rapport à l’avenir. A certains moments, même une peur viscérale nous habite, peut-être celle d’être rattrapé par le virus et de peut-être en mourir. Notre vie mise entre parenthèses se met en retrait devant cette mort qui rôde à l’affût des plus fragiles d’entre nous, usant de la précision du scalpel. Notre espace vital réduit au confinement, à l’isolement, parfois à une grande solitude, et l’absence des repères familiers, familiaux, n’arrangent rien. Nous vivons comme nous pouvons, avec nos richesses et nos nombreuses faiblesses exacerbées. Mais aussi et heureusement, une stimulante obstination de (re)vivre et la hâte, sans doute, de concrétiser de nombreuses envies trop longtemps postposées nous animent et sont les signes qui nous permettent de songer et de nous projeter dans la perspective de jours meilleurs.

Ce contexte difficile, nous ramènera-t-il vers l’essentiel ? Le sens ? La raison ? En sortirons-nous grandis, plus forts, plus sages ? Plus responsables ? Plus heureux de ce que la vie nous réserve ?
Serons-nous plus humbles, conscients que la vie comme la mort s’entremêlent continuellement, et font partie d’une existence peut-être nouvelle, à bâtir et expérimenter ?

Des chiffres, des graphiques, et en arrière-plan, des vies, des décès, et heureusement des guérisons

Depuis des semaines, quotidiennement, les chiffres du coronavirus conjuguent décès, hospitalisations et enfin, guérisons significatives. Notre vie de confinés est rythmée par ces trois mots et les courbes chiffrées qui les illustrent. Des morts et des retours à la vie, tout de même. Des réalités, à encaisser pour nous tous et pour notre société (c’est-à-dire, nous) nous qui repoussons sans cesse les limites de la vie comme de celles de la mort. Voilà, aujourd’hui, que la pandémie nous impose des images de mort(s), qu’habituellement, nous refoulons, que nous ne voulons pas voir ou qui nous touchent à peine lorsqu’elles viennent de contrées lointaines. Nous préférons la jeunesse, le tourbillon de la vie, les sensations fortes, l’adrénaline.

La mort, elle, nous effraie. Nous préférons la savoir loin de nos vies. Au moindre évènement dramatique pourtant, elle se rappelle à nous, nous causant de nouvelles frayeurs. Ces dernières nous bousculent dans notre confort de vie habituel. Et les habitudes sont rarement bonnes lorsqu’elles sont immuables, et qu’elles nous entraînent dans des routines, nous endorment, tuent notre créativité et notre inventivité, nos engagements, notre esprit critique. Etouffent nos indignations… Pour l’heure, le besoin d’enclencher des jours meilleurs se fait entendre timidement.

Des corps, comme on se refuse à les voir

La vue, la médiatisation des corps malades, mourants, inertes, en souffrance, étendus, immobilisés, dans les unités de soins intensifs nous rappellent brutalement notre propre finitude. Cela pourrait nous arriver. Ce pourrait être moi , là dans ce lit, plongée dans le coma artificiel, en piteux état. Impuissant(e). La vie est plus forte que la mort, dit-on. On se raccroche à cette idée, comme à une bouée de sauvetage en plein naufrage. Non, pas moi, pas maintenant, pas comme ça. Je veux vivre. La vie, j’y tiens. J’ai des projets, tout ne peut pas s’arrêter de cette manière. Aussi brutalement. C’est inhumain. Pour tenir le coup, notre esprit fait preuve de bon sens pour nous ramener du côté de la vie : c’est vivre l’instant présent, puiser dans les réserves de petits bonheurs passés qui nous ont construits, nous ont rendus forts. Positiver.

Mourir est devenu presque impensable, dans une société où il est possible de choisir le moment de sa mort, l’instant où l’on décide d’en finir, de préparer ce moment et même de l’organiser longtemps à l’avance. Mais que d’autres décident pour nous de ce moment, nous est insupportable, nous nous sentons dépossédés de cette vie qui nous habite, qui nous appartient. Pas touche. Alors non, que ce virus prenne la main est juste, injuste !

La privation de libertés, redonnerait-elle, la juste valeur des choses auxquelles nous tenons ?

La vie est redevenue, pour le moment, un bien inestimable. Les manques que nous ressentons, entretiennent nos frustrations. Enfin, c’est la santé qui serait tentée d’occuper le premier plan. Mais avoir la santé, si l’on ne peut partager son bonheur avec ceux qui nous sont chers, à quoi bon ?

Et si c’était le virus qui décidait de notre destin, de notre vie et de notre mort ? Capable de nous rayer de la carte du monde, en quelques jours, quelques heures, profitant de nos faiblesses, de nos failles, il peut nous anéantir. Il détruit les voies respiratoires, tout un symbole. il nous prive du souffle de la vie, peut le raréfier à l’extrême. La médecine ne peut rien, impuissante, elle aussi. L’on peut imaginer l’inconfort de ces situations pour des soignants dévoués, surchargés, fatigués, et des suites que les cadences quotidiennes actuelles laisseront dans leur vie future ! Pourront-ils surmonter tout cela, une fois que les tensions seront retombées ? Leurs demandes seront-elles enfin entendues ?

Pendant la tourmente, protéger les plus fragilisés

Les plus touchés et fragilisés, les ménages confinés dans de petits espaces, avec enfants, en télétravail ou au contraire, sans travail ni confort, sans réserve de confiance en la vie, ni personne vers qui se tourner, paient le prix fort de cette crise.

Le confinement accentue les douleurs de certaines personnes là où cela faisait déjà mal d’ordinaire, taper plus fort que d’ordinaire devient quotidien. Les appels vers les services d’écoute pour les violences conjugales, intrafamiliales, maltraitances d’enfants ont explosé ces dernières semaines. Les difficultés sont devenues insurmontables pour certains. Les violences sont tournées vers les autres, les proches, ou retournées vers soi. Les suicides seront, annonce-t-on en augmentation, comme les dépressions. « Des enfants, des femmes, des familles, vivaient l’enfer, ils sont aujourd’hui, en enfer » . La vie n’aurait-elle pas de prix ? Oh que si, elle a un prix, mais pas le même pour tous. Une vie n’égale pas une autre vie, aujourd’hui.

Se réinscrire de manière engagée, responsable et créative dans nos vies

Le temps est plus que jamais propice aux utopies. Engagements pour soi, prendre soin de soi comme des autres (qui nous manquent tant), sans oublier la planète, sans s’extraire du monde.

Les prises de conscience de ce que nous vivons et les engagements pour le futur ont été annoncés et finalement décidés, mais il convient de tenir le cap dans la tourmente actuelle. Les lueurs d’espoir pour un renouveau sont déjà quelque peu éclairantes. Celui qui se questionne les perçoit, reste à les entretenir, les amplifier et les concrétiser collectivement. Et cela c’est encore une autre histoire.


La crise sanitaire et le rôle de l’état

Depuis quelques années, l’opinion publique a soutenu des politiques de désinvestissement dans les moyens de l’état et de la sécurité sociale

  • Diminution des cotisations sociales ( que l’on a appelé « charges sociales » pour envelopper la dimension de solidarité) sans rechercher des recettes sur les autres revenus
  • Diminution des impôts (lutte contre la « rage taxatoire)

Ces politiques ont conduit à un appauvrissement de la sécurité sociale et des services publics.
Et, aujourd’hui, avec la crise sanitaire, les citoyens attendent de l’état qu’il les protège et leur fournisse tout le matériel nécessaire. Les pouvoirs publics se font critiquer sur la gestion de la crise (absence des stocks de masques, manque de tests, manque de soutien aux équipes hospitalières et surtout aux maisons de repos, etc..). On a le sentiment que le citoyen veut un état protecteur, un état providence, alors qu’il a participé à le désargenter et à faire confiance au privé et au marché dans les années qui précèdent.

N’y a-t-il pas là une contradiction ?

Après la crise, il y aurait lieu de se reposer la question du rôle de l’état dans le financement d’une protection sociale et de services publics efficaces. Si les citoyens souhaitent se préparer pour une prochaine crise sanitaire, mais aussi pour éviter ou se préparer à une crise climatique, il est impératif de redéployer des politiques de financement correct d’une protection sociale et de services publics. Et pour prévenir ou lutter contre ce genre de crise mondiale, il est impératif que les états délèguent davantage de responsabilités au niveau de l’union européenne.

Jean-Paul Quinet
Membre du bureau politique Énéo


Une histoire de millions de colibris

Nous nous trouvons actuellement dans l’urgence, celle de (re)penser différemment « L’après » Covid-19, en ayant à l’esprit l’« avant confinement » dans lequel quelques-uns se sont crus et pensés les rois du monde, sans estime et reconnaissance suffisante des autres, exerçant une domination sur les animaux, les plantes, la terre nourricière, les richesses de la planète...

Engageons-nous pour tout ce qui vaut la peine, fait sens, et nous rendent fiers et humbles à la fois. Satisfaits et reconnaissants. Créatifs, inventifs dans le respect de l’autre, quel qu’il soit.

A chacun de faire sa part, comme le petit colibri participant à sa mesure, à l’extinction de la forêt en feu.

Des millions de colibris oeuvrant dans le même sens, parviendront à modifier la face du monde.
Voulons-nous en être ?