Activités suspendues

Les nouvelles mesures sanitaires et l'évolution de la situation épidémique en Belgique nous poussent à mettre nos activités à l'arrêt jusqu'au 13 décembre.
Adoptons la prudence nécessaire, construisons nos alternatives personnelles et soyons vigilants aux membres plus isolés.
En souhaitant une communication prochaine qui puisse être porteuse de meilleures nouvelles, nous vous recommandons de continuer à prendre soin de vous et de votre entourage.
Merci !

Changement brutal dans nos habitudes

Le confinement bouscule notre quotidien…

25 ième jour de confinement…

coronavirus 4937226 640Nous sommes le 8 avril, les chiffres du Covid-19 se veulent rassurants. En effet, les hospitalisations sont moins nombreuses que le nombre de personnes guéries quittant l’hôpital. Les services ne sont pas engorgés. Une énorme catastrophe semble évitée, dit-on, si et seulement si, nous maintenons TOUS nos efforts de confinement.
Mais est-ce pour cela que tout se passe bien ? Comment se vit la quarantaine qui nous est imposée ? En fermant les yeux quelques secondes, je rassemble les images et les mots qui me viennent spontanément à l’esprit. Mes impressions sont multiples, mes ressentis autant positifs que négatifs, comme les vôtres, sans doute.

Confinés et exposés…

Vivre confinés, chez soi en sortant pour « l’essentiel », pas évident. Faire une croix sur nos sorties, impensable, pour certains. Les opportunistes/optimistes et les cools qui pensaient le moment venu de s’offrir des vacances « à moindre frais », peinards à la maison, ont déchanté rapidement. La restriction de liberté pour se déplacer, se rencontrer, se retrouver à coups de grosses embrassades, nous est devenu relativement et rapidement INSUPPORTABLE. Difficile à vivre. La liberté conditionnelle, c’est pas notre truc, on ne s’y fait pas, et c’est tant mieux, même si l’on pouvait penser que les réseaux sociaux sont là pour combler tous ces déficits de contacts… Il n’en est rien. Voilà une nouvelle rassurante. Nous avons toujours besoin et envie de relations, directes, en face à face (Voir enquête menée par UClouvain et l’université d’Anvers. Le Soir du 6 avril).

Nous ne sommes néanmoins pas égaux devant cette situation d’isolement contraint, et les fractures multiples s’amplifient. En effet, actuellement, les services d’accueil des violences conjugales sont sollicités par de nombreux appels de détresse. Mêmes réalités pour les maltraitances envers les enfants. Les parents devenus profs à la maison, sont fatigués, voire à bout. Les étudiants de tous âges stressent pour leurs examens. Les petits sont super excités, demandeurs, en attente d’attentions qui leur paraissent à chaque fois tellement légitimes. Ils sont épuisants. Les 15-25 ans vivent très mal cette quarantaine généralisée. La distanciation physique et l’isolement géographique social imposés par le confinement malmènent les relations avec les personnes que l’on aime le plus. A ces situations sont aussi mêlés d’autres facteurs, comme le travail. D’une part, des travailleurs doivent cumuler à la fois le « prendre soin » de leurs proches tout en bossant à domicile dont le périmètre est strictement délimité et millimétré. D’autre part, des travailleurs sont devenus chômeurs ou ont perdu leur petit boulot. C’est encore sans compter les plus de 450.000 belges qui se nourrissent grâce aux colis alimentaires qui se raréfient. Nouer les deux bouts est une véritable gageure pour ces ménages qui paient déjà le prix de la crise sanitaire. Le manque de prise en compte des plus fragilisés par les autorités est indécente, seules quelques associations leur viennent encore en aide. Le logement, la baisse des ressources, une santé préoccupante, la précarité sont autant de fractures qui vont aggraver les inégalités durant le confinement et bien après la fin de celui-ci.

Ce qui est choquant aussi, c’est le manque de conscience des biens communs à préserver par tous, pour tous : notre capital santé à chacun mais aussi la santé des autres ; le respect strict de l’espace public accessible pour soi sans oublier les autres ; s’en tenir tous, strictement à l’observation des règles préventives pour empêcher la propagation du virus…

Dur, dur tout cela.


L'humour, peut être un bon dérivatif et permet de prendre du recul,
nous éclaire par rapport à ce que nous vivons…


A découvrir à ce sujet :

Et puis, il y a les personnes dépendantes d‘autres pour qui le confinement est très difficile. Ces personnes sont en ce moment coupées de leur réseau habituel parfois très restreint, sans possibilité de le maintenir via les réseaux sociaux. Les visites leurs accompagnent habituels sont devenues rares ou sont supprimées pour protéger leurs visiteurs professionnels. Le repli, sur soi, peut être alors la seule manière de réagir, parce qu’elles se sentent délaissées. Oubliées. Abandonnées. 


« tu sais, vivre seul, c’est être vraiment seul avec soi,
dans des moments comme ceux que nous vivons actuellement »
confiait dernièrement un volontaire Énéo


Les moments où nous sortons de chez nous pour faire des courses ou prendre l’air sont parfois surprenants. Ouf, cela fait du bien de retrouver l’air libre, la rue, notre environnement extérieur habituel. Mais il n’y a pas âme qui vive. Et, cela ça change tout. Cette impression de liberté retrouvée est de courte durée. Croiser le regard masqué d’une personne qui fait brusquement un pas de côté pour ne pas vous frôler ou deux pas en arrière lorsque vous semblez oublier la distance physique recommandée provoque un malaise profond qui nous habite de plus en plus. Tout a changé. Quel monde étrange.

Le confinement en maison de repos

Dans le CRACS du 8 avril, nous parlions déjà de la situation préoccupante des résidents en maisons de repos et de repos et de soins. Aujourd’hui, la situation catastrophique se précise par les échos alarmants des soignants et des directions. L’armée est mobilisée depuis peu pour venir en renfort dans plusieurs établissements. Un résident sur trois serait contaminé . le personnel est déjà à bout de souffle, dépassé par les évènements, insuffisamment (in)formé, mal ou pas protégé, désarmé face à la virulence du virus. Ces professionnels du secteur de l’aide aux personnes se sentent abandonnés, le dit et le répète à qui veut l’entendre. Comme la chronique d’une mort annoncée qui n’a pas été prise en compte rapidement et qui va s’avérer être sans doute la pire des expressions de cette pandémie : les plus vulnérables, les plus pauvres, les plus isolés, les plus dépendants, les plus âgés vivant à domicile comme en maison de repos, vont tous payer le prix fort.


Il ne faudrait pas ignorer l’ensemble des souffrances exprimées haut et fort ou à demi-mots, sous peine qu’elles persistent et s’aggravent après le confinement, comme le soulève François Perl , directeur général du Service des indemnités de l'INAMI, sous formes de dépressions, de suicides, de burn-out, de mal être au travail, de stress post traumatiques graves,… 


Et comme si cela ne suffisait pas, à la crise sanitaire, s’ajoute le prix d’une crise sociale à laquelle nous devrons tous faire face, avec en prime un modèle économique à réinventer au niveau planétaire. Autant de préoccupations que la crise majeure exacerbe. Ne serait-ce pas pour nous, l’opportunité de les requestionner ?


Les surexposés du confinement
Il y a aussi les soignants et les autres, exposés depuis des semaines au virus, toute la journée, et qui crient, hurlent leurs désarrois, leurs peurs d’être contaminés et les risques énormes d’infecter leurs proches par manque de protections. Malgré tout, ils sont fidèles au poste, au chevet des malades, accompagnant les résidents des maisons de repos, au volant des ambulances, à la caisse du supermarché, derrière le comptoir de la pharmacie, à l’accueil de l’hôpital, dans les labos médicaux, escortant les camions poubelle de nos communes, …etc.
Tous à leur poste de travail.
Chapeau !
Merci à eux, d’être là pour nous tous.

Donner du sens… à travers ce que nous vivons... Pas simple !

Dans ces contextes difficiles auxquels nous sommes tous confrontés et impactés, donner du sens à ce qui est entrepris (ou non) pour et par chacun de nous, paraît être une des leçons à retenir du confinement généralisé. Pour les résidents isolés et exposés, il fallait qu’il en soit de même : « Non, les aînés ne sont pas abandonnés ! » titrait le Soir, dans ses colonnes le 6 avril dernier. Je pense au contraire, que les aînés ont été abandonnés au travers de toute une série de faits en cascade. Les résidents qui dépendent d’autrui pour presque tout, mais pas seulement, pensons à toutes les collectivités qui concentrent les individus et les surexposent au virus à éradiquer: prisons, hôpitaux psychiatriques, services résidentiels pour personnes en situation de handicaps, services hospitaliers, structures pour réfugiés, migrants et sans abris.

Personne ne réchappera indemne de ces différentes collectivités. Nous non plus. Ici, la dignité humaine, est plus que mise à mal. Combien de ces personnes vivant dans les collectivités décèdent brutalement, sans avoir la possibilité de dire au revoir à leurs proches ? Combien de familles dans l’impossibilité de se retrouver doivent faire leur deuil dans des conditions d’isolement terrible, d’interdiction de voir leur mort, de célébrer leur départ, de se recueillir une dernière fois près de la dépouille d’un frère, un conjoint, un enfant ou un parent ? Combien de professionnels de la santé doivent faire face au covid-19 de leur patient sans avoir la possibilité de s’entretenir avec les proches, autrement qu’à distance, insiste, le docteur Henin, responsable des urgences à Jolimont . Il y a des traces et des souffrances qui doivent aujourd’hui être pansées.


Mettre des mots, des images, sur des maux et des ressentis pour dépasser ce qui arrive

Suggérer aux jeunes enfants de dessiner est une bonne idée, mais cela ne les occupe pas longtemps fait remarquer justement le psychopédagogue Bruno Hembeeck : expliquer aux enfants pourquoi ils ne peuvent plus momentanément voir « en vrai » leurs grands-parents et leur proposer de dessiner pour exprimer leurs sentiments à papy et mamy, est un exemple. De cette manière, apprendre aux plus jeunes, que les liens profonds perdurent même lorsque les êtres aimés ne sont pas présents.


Des initiatives instructives ont vu le jour pour se distraire en faisant une place à la culture, l’ouverture d’esprit

  • « La voix haute » le podcast pour enfants du comédien Matthieu Farcy. Il raconte des histoires.
  • « Petit Gramme », une papeterie créative parisienne propose « Le jour où la terre s’arrêta », une histoire illustrée à lire aux enfants, petits-enfants ou à leur offrir pour une meilleure compréhension de la pandémie.
  • Il est possible de visiter expos, lieux culturels, … en restant chez soi

Extraits de la chronique culturelle de Marion Jaumotte

Énéo dans tout cela…

Donnez-nous votre opinion, partagez vos ressentis.
Qu’allons-nous pouvoir tirer comment enseignements collectifs de cette crise sans précédent, une fois notre liberté retrouvée ?

Enéo, mouvement social des aînés sera-t-il amené à formuler de nouvelles priorités de travail après le confinement ? Allons-nous devoir changer notre manière de travailler pour remplir nos missions ?

Un avis constructif, une réflexion, une idée pour notre mouvement, adressez votre message via Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., et jusqu’à ce que nous puissions à nouveau travailler côte à côte.