Activités suspendues

    Les nouvelles mesures sanitaires et l'évolution de la situation épidémique en Belgique nous poussent à mettre nos activités à l'arrêt jusqu'au 13 décembre.
    Adoptons la prudence nécessaire, construisons nos alternatives personnelles et soyons vigilants aux membres plus isolés.
    En souhaitant une communication prochaine qui puisse être porteuse de meilleures nouvelles, nous vous recommandons de continuer à prendre soin de vous et de votre entourage.
    Merci !

    Coronavirus : (Dé)confinement partiel à l’horizon…

    Le chemin parcouru

    Chaque semaine, nous vous proposons de nous attarder sur des situations que nous fait vivre le coronavirus, et des impacts que cette crise produit dans notre nouveau quotidien. Ces effets pourraient-ils adoucir ou au contraire obscurcir les prochains mois, voire même notre avenir commun ?

    Tenter de dresser l’état des lieux des effets possibles que la crise entraîne dans son sillage, est une manière de présager ce qui nous attend, pour y faire face plus consciemment. Peut-être aussi de rectifier le tir.

    37ième jour du confinement

    Essai de flash-back sur la période très mouvementée, entre le 17 mars et le 24 avril.

    Un contexte général à réorganiser

    L’arrêt immédiat, dès le début du confinement, d’une partie de l’économie, a stoppé la production d’un grand nombre d’entreprises, dont l’activité est classée « non essentielle » par le gouvernement. De nombreuses autres décisions suivront la mise en place du confinement. Souvent floues, (très) générales ou au contraire (trop) spécifiques, parfois contradictoires, improvisées… mal comprises, elles traduisent la brutalité de l’urgence soudaine dans laquelle nous nous sommes tous trouvés plongés.

    « Stratégies adoptées pour faire face »

    Mettre tous les efforts sur la maîtrise de la crise sanitaire, c’était vital et le prix à payer pour retrouver rapidement notre vie « normale ». Vint ensuite la mise en œuvre rapide des dédommagements pécuniers aux travailleurs et aux indépendants ainsi que l’activation des droits au chômage, qui concernera plus de cent mille travailleurs. De fameux coups de massue à la fois pour les travailleurs comme pour les finances publiques.

    La réorganisation des unités médicales de réanimation destinées à l’accueil des patients Covid-19 était tout aussi cruciale (comme tout le reste), mais, allait-elle être possible ?
    Très rapidement, l’inquiétude s’est exprimée (et n’a pas cessé de l’être jusqu’à ce jour) face au manque criant de protections destinées aux soignants des hôpitaux, à l’ensemble des travailleurs, à nous tous. Les unités hospitalières transformées, le matériel de protection restera insuffisant pour assurer la protection de tous les travailleurs. Poser ce geste barrière pour se protéger n’est toujours pas garanti aujourd’hui, à la veille du déconfinement partiel.

    Les courbes chiffrées des hospitalisations et des décès se sont envolées dès le début de l’épidémie, et nous nous rappellerons sans doute longtemps le basculement en quelques jours, de notre univers quotidien habituel, soupçonnant à peine, à quel point il était annonciateur de jours très sombres.

    Les situations des maisons de repos et de soins sont apparues d’un coup préoccupantes, après avoir été « ignorées » elles font la une de l’actualité éclipsant, en arrière-plan et en un éclair, les autres réalités de l’épidémie. Nous savons aujourd’hui que les aînés en maisons de repos et de soins continuent à payer un lourd, à la crise sanitaire que nous traversons. Ce secteur est marqué par l’amertume et la colère d’avoir été oublié, livré à lui-même, incompris dans ses besoins les plus élémentaires.


    Actuellement, plus de 4000 personnes sont décédées en maison de repos et de soins, entourées d’un personnel insuffisant et peu (ou pas) formé à soigner les patients lors d’une pandémie. Les chiffres ne donnent pas la mesure exacte de l’ensemble des aînés qui ont été vaincus par le Covid-19.


    La crise sanitaire faisant toujours rage, ce sont ensuite les répercussions des conditions de distanciation sociale qui nourriront, en grande partie, les informations journalières liées à la crise : difficultés vécues par l’ensemble des ménages confinés, seuls ou en famille, en milieu urbain ou à la campagne. Souffrances des isolés, précarité aggravée des personnes et ménages « sans » : sans emploi, sans réseau social suffisant ou inexistant autour d’eux, sans aides (ponctuelles) des services professionnels indispensables pour vivre au quotidien. Mais aussi les « sans » rentrées (ou n’en disposant pas assez) pour affronter la vie, au jour le jour. Les sans jardin pour s’aérer, sans relais utiles pour être conseillés, accompagnés, et garder la tête hors de l’eau. Sans bouée de sauvetage, sans parfois, plus aucune ou si peu de dignité pour affronter la vie. Bien que tous dans le même bateau, nous ne sommes pas du tout logés à la même enseigne. Les inégalités sociales se renforcent à coups de nouvelles exclusions.

    Aujourd’hui, les courbes chiffrées des hospitalisations et des décès semblent se stabiliser, mais encore trop « tendues », elles laissent entrevoir un déconfinement progressif qui pourrait être remis en cause à tout moment. Les 4, 11 et 18 mai seront des caps importants à franchir, et à ne pas rater.

    Que nous réservera le déconfinement phasé ? Avec quelles modalités nouvelles va-t-il s’installer ? Notre avenir ne semble pas évident, il est à (re)définir. Nous continuons à naviguer mais pour combien de temps et vers où ?


    Jean Hermesse, Secrétaire général de la Mutualité chrétienne, insiste sur les risques de devoir gérer diverses vagues, à venir, liées à la présente pandémie. En effet, l’aggravation de l’état de santé de patients souffrant d’autres pathologies que le coronavirus, moins bien suivies durant la crise sanitaire risquent de générer de nouvelles crises. Jean Hermesse, parle des dégâts collatéraux au coronavirus : l’interruption de certains traitements ou leur report (diabète, problèmes cardiaques, traitements liés au cancer, problèmes pulmonaires…),vont fragiliser un peu plus des patients en attente d’une prise en charge médicale ; d’autres part, les souffrances mentales dues au stress et l’anxiété grandissants d’une partie de la population fragilisée par la crise (perte d’emploi, conditions de confinement difficilement supportées, maladies mentales existantes …) exigeront le traitement de ce que l’on appelle, les maladies post traumatiques ; et enfin, la précarité précipitée actuellement de certains ménages aura pour effets leur accès aux soins de santé plus limité encore qu’avant la crise sanitaire que nous traversons.
    En somme, les dégâts collatéraux liés à la santé risquent d’être aussi importants que la pandémie elle-même.

    Interview de Jean Hermesse, lundi 20 avril, émission Soir Première de Arnaud Ruyssen sur la Première.


    De belles initiatives, de nombreux élans de solidarités

    Comment la société, c’est-à-dire nous, nous sommes-nous comportés durant le confinement à la belge ?
    Rapidement, des solidarités se sont organisées tous azimuts. De véritables mouvements initiés par des citoyens ou des collectifs ont vu le jour pour confectionner des masques, acheminer du matériel vers les hôpitaux, distribuer des repas aux soignants comme à des plus démunis. Une foule de propositions pour rendre des services aussi variés que faire les courses, aller à la pharmacie,… pour maintenir le contact avec les plus isolés… etc.
    Des entreprises de leur côté, font preuve de solidarité, elles aussi, en réorientant leur production. Elles mettent à disposition leurs matières premières pour la fabrication d’alcool, de gel hydroalcoolique, de visières protectrices pour les soignants, de panneaux en plexiglas pour protéger les personnes en contact direct avec la clientèle. Elles s’impliquent dans la réalisation de nouveaux tests afin de mesurer la propagation du virus au sein de la population. La liste des initiatives solidaires est très, très, très longue.

    La solidarité, dépasse même nos frontières. Des scientifiques du monde entier collaborent au partage de leurs savoirs. Indispensable dans la course pour écourter la tourmente, dans laquelle nous sommes tous plongés, assez horrifiés de ce qui nous arrivent. Sidérés même. Nous sommes régulièrement plongés dans le questionnement et le désarroi : masque ou pas masque et pour qui, il est vivement conseillé d’éviter de se précipiter aux urgences pour ne pas les encombrer, mais en ne négligeant pas non plus sa santé. Prendre l’air oui, c’est même conseillé, mais sans s’arrêter de marcher, en respectant la distance, accompagné mais pas de plus de deux personnes de la même famille ou un ami, mais toujours le même, etc etc. Il y a eu (et a encore) de quoi perdre le nord.

    Nous n’avons pas l’habitude de nous voir dicter nos comportements, de voir limitées nos libertés individuelles pour maintenir les nombreux équilibres de la communauté à laquelle nous appartenons.

    Pas que de belles histoires

    A côté des initiatives solidaires, nous avons eu connaissance d’actes choquants, mercantiles dès le début de la pandémie. Des individus et des sociétés commerciales se sont servis de la peur des gens pour lancer leur business ou arnaques en tous genres : les prix des gels hydroalcooliques ont augmenté du jour au lendemain, des masques sont proposés en ligne à des prix très élevés voire de qualité douteuse, dès lors qu’il n’était plus possible de s’en procurer, nulle part, les arnaques fusent. Des produits en ligne surfant sur la crise du Covid-19 vendus à des prix exorbitants se sont aussi répandus comme une traînée de poudre.
    Des malfrats se sont fait passer pour des agents communaux en se présentant pour une désinfection du logement chez des personnes âgées afin de les dépouiller… etc.
    Dès le début du confinement, les magasins ont été dévalisés en pâtes, farine, et papier wc, laissant peu de marge aux clients moins pressés de faire leurs achats et malgré des informations répétées, expliquant qu’il n’y avait pas de problème d’approvisionnement des marchandises. Cela ferait sourire un temps…

    Beaucoup plus grave, des soignants ont été agressés verbalement dans leur quartier par des habitants les accusant de transmettre le virus et de les contaminer. Des infirmiers, habitant en colocation, se sont vus expulsés de leur espace de vie, par les autres occupants, par crainte d’être contaminés.
    Dégâts matériels, pneus crevés, mots d’insultes sur le pare-brise, vol de matériel de protection, ou vol des véhicules pour des infirmières à domicile sont d’autres actes malveillants posés à l’encontre de soignants, dans l’exercice de leur métier.
    La difficulté de se conformer aux règles du confinement par beau temps, est aussi une expression du refus et de l’inconscience, de reconnaître la priorité à donner à l’ensemble de la communauté que nous formons tous, plutôt qu’à nos propres intérêts individuels : regroupements de personnes, alors qu’ils sont interdits, réunions entre amis, repas collectifs ou apéros partagés, occupation massive des parcs, voyages non essentiels dans des véhicules bondés,… plus de 600 verbalisations ont été dressées à Bruxelles, durant un seul week-end. Sans parler des récidives,…etc. Ici aussi, la liste est longue, très longue.

    Et… Eneo dans tout cela ?

    La crise que nous vivons n’est pas simple, elle remet en question l’ensemble de notre société et nous -mêmes par la même occasion. Elle est aussi l’opportunité de réfléchir à ce qui nous arrive, à comment nous allons envisager un futur à construire, « plus humain, plus respectueux, plus… »
    Cette semaine, c’est à vous qu’il revient de conclure par vos témoignages, recommandations et analyses . Vous nous en faites parvenir chaque semaine, depuis plus d’un mois. Vous les trouverez dans ce CRACS. Vos productions se multiplient, s’étoffent, nous vous en remercions.
    Vos points de vue doivent cependant encore être étayés, partagés. De vos divergences émergera un projet commun de mouvement, rassembleur, pour lequel nous travaillerons tous ensemble, car la pandémie que nous vivons conditionnera demain dans bien des domaines de notre vie en société. Pour y travailler, merci d’inciter vos pairs, copains, membres,… à réfléchir dès aujourd’hui à demain et à partager leurs réflexions constructives.
    Vous alimenterez de la sorte, notre mission d’éducation permanente.

    Vous vous souvenez :

    • Aînés acteurs de changement en santé,
    • Aînés, acteurs de changement dans les lieux de vies,
    • Aînés, acteurs de changement du vivre ensemble,
    • Aînés, acteurs de changement en société,

    Ces 4 thématiques inscrites à Énéo sont d’une brûlante actualité !

    Continuez plus que jamais à prendre soin de vous, sans oublier les autres.
    Au plaisir de vous lire et de vous retrouver.

    Anne Jaumotte
    Chargée de projets.
    Fin avril 2020