Les communales, c’est dans trois mois !

    Invitations aux réunions de quartier, concertations villageoises, Apéro-rencontres… tracts et news électorales commencent à abonder dans nos boites mails et à lettres. Les journaux dans leurs pages locales et les TV locales nous annoncent les prochaines sorties ou arrivées de candidats dans les groupes Alliance, Renouveau, Ville+ et autres gestions municipales… Les derniers conseils communaux se crispent ici ou là en fonction des recompositions d’alliances en vue du prochain scrutin.

    Certaines communes rappellent aussi que les citoyens non belges peuvent aussi voter pour ces élections locales à certaines conditions et moyennant l’inscription sur les listes électorales d’ici juillet. La participation de tous, et aussi celle des aînés d’autres nationalités vivant à nos côtés, doit nous pousser à les informer et les convier à réfléchir avec nous aux réponses à apporter pour un mieux vivre ensemble.

    C’est qu’en octobre, nous votons pour nos futurs responsables communaux (et provinciaux en Wallonie) pour un mandat 2018/2024. Les listes se forment en recherche de « candidats d’ouverture », de programmes et d’appellation innovante.

    Et à Énéo, nous avons nos idées de priorités…

    Elles sont évidemment fonction du contexte local, de ce qui a déjà été réalisé dans nos villes et villages, de nouveaux besoins... Elles sont surtout pensées transversalement et le plus souvent à portées intergénérationnelles.
    Ainsi lorsque l’on parle d’accessibilité des lieux et d’aménagements urbains (adaptation des trottoirs, maintien d’espaces et de zones piétonnes et protégées, allongement de la durée des feux piétons… ) cela vise effectivement à ce que les moins mobiles - que deviennent peu à peu les aînés - soient moins entravés dans leurs déplacements. Mais cela sert aussi aux mamans avec poussettes, aux jeunes enfants à vélo avec petites roues, aux sportifs accidentés manipulant des béquilles et aux personnes porteuses d’un handicap. Tout comme le renforcement de la convivialité des espaces publics par l’instauration de bancs publics à espaces réguliers et d’espaces verts aménagés, qui offrirait à tous des lieux de rencontre paisibles et servirait de lieux de convivialité entre générations.

    De même, réclamer une amélioration des transports en commun en matière de fréquences, de régularité et de couverture, cela concerne bien sûr les séniors qui seraient en difficulté à devoir continuer à conduire une voiture, mais cela rencontre surtout les défis pour tous de déplacements faciles à tarif abordable, d’engorgement des routes et surtout de pollution.

    Ou encore exiger une réflexion sur l’information à propos des Agences Immobilières Sociales, la mixité sociale en habitations sociales, leur aménagement intérieur pour les PMR, le développement de lieux de vie transitoires autres que les maisons de repos au travers de projets de redynamisation des quartiers… c’est bien sûr se soucier d’un habitat accessible aux aînés mais aussi affirmer que la vie est en perpétuelle évolution au travers du développement de nouveaux modes de vie. En d’autres termes, cela signifie la nécessité des pouvoirs locaux d’encourager ceux qui contribuent à construire de nouveaux concepts sociaux, architecturaux et urbanistiques pour les générations futures.

    Tout comme lorsque nous soulignons le besoin du maintien et du développement de commerces de proximité, pour garder de la mixité et du lien social dans les villages et cer- tains quartiers ou centres-villes, ainsi que de garder une série de services publics tels que la poste et les banques de proximité… Ceci de manière à rassurer les aînés et à ne pas les exclure de services. Nous lions ces enjeux à la politique d’aménagement du territoire et de la mobilité pour le bien commun.

    Aussi, soutenir le développement de l’information sur les aides sociales et de santé organisées par le tissu associatif et les pouvoirs publics servira bien sûr les aînés mais aussi toute la population. C’est le cas également de la mise à disposition d’infrastructures pour les services d’aide sociale et de santé de proximité ou de la mise en place d’un service, avec tarification différenciée, au départ du CPAS ou de l’associatif pour aider les personnes en situation de précarité à réaliser des petits travaux.

    Revendiquer un appui aux actions des volontaires et au travail associatif renforcera bien sûr l’engagement des aînés mais, celui-ci ne représentant qu’un quart du volontariat, cela confortera aussi le travail des plus jeunes.

    Quelques pistes spécifiques et plus générales

    Bien sûr nous avons aussi quelques intérêts plus orientés séniors comme la désignation au sein du CPAS d’une personne de référence pour les politiques liées aux personnes âgées. Cette personne porterait la voix des ainés quant à la nécessite de développement, notamment par l’accès à l’information, de services à domicile organisés le plus souvent par l’associatif, les mutualités et le CPAS (en particulier les services d’aide et de soins à domicile, de repas à domicile, de télévigilance, de type taxi social, la création de maisons communautaires, de repos et de soins…).

    Nous voulons aussi renforcer la participation des aînés à la vie communale via la création d’un véritable Conseil Consultatif Communal des Aînés dans chaque commune. Pas un club d’aînés animés par l’échevin mais un véritable lieu de consultation sur l’impact des mesures sur le quotidien des séniors et sur leurs attentes.

    Cette participation doit aussi être mise en œuvre pour assurer l’effectivité du droit de vote pour les plus âgés via une attention à l’accessibilité des bureaux à ces derniers (et pourquoi pas en maisons des repos) ainsi que l’accompagnement dans la démarche, si le vote est électronique, tout en veillant à éviter toute pression ou manipulation.

    Et comme nous le disions dans le Balises 59 « Élections communales 2018: Pour qui ? Pour quoi ? », n’oublions pas qu’il n’y a pas d’âge pour s’investir dans la gestion de nos cités, à titre individuel, au travers des Commissions Consultatives, des CCCA ou de nos sections Énéo.

    Philippe Andrianne, Secrétaire politique