Le stress, une composante de la vie des aînés

    Contrairement aux images d'Épinal relayées par certains magazines, la vie de aînés est loin d'être un long fleuve tranquille parsemé de voyages exotiques et de parties de golf. Pour beaucoup d'aînés, ces années de « temps libéré » constituent en réalité une période éminemment stressante.

    Qu'est-ce que le stress ?

    www.jepenseaussiamoi.beLe stress est la réaction psychologique et physiologique de l'organisme face une situation difficile qui demande une adaptation. Ce qui constitue une « situation difficile » est subjectif, certaines situations étant considérées comme des menaces par certaines personnes et pas par d'autres.

    Au niveau physiologique, le stress peut avoir différentes manifestations. Parmi les plus connues, on retrouve les insomnies et les cauchemars. Néanmoins, la perte d'appétit, les problèmes digestifs, les palpitations cardiaques, les tensions musculaires ou la fatigue peuvent également en être les signes. Au niveau psychologique, le stress est souvent plus facile à détecter : l'anxiété, l'inquiétude, l'irritation ou l'agitation en sont des indicateurs. Néanmoins, d'autres manifestations, davantage cognitives – et parfois erronément imputées au vieillissement ! – peuvent être les conséquences du stress, comme la difficulté à se concentrer ou les problèmes de mémoire.

    Le stress entraîne bien entendu une diminution du bien-être mais, s'il devient chronique, il peut avoir des conséquences sur la santé. Ainsi, il augmente le risque de maladie cardiovasculaire, d'hypertension artérielle, d'attaque cérébrale, de troubles digestifs et de troubles du sommeil. Or, les aînés sont déjà plus à risque par rapport à ces difficultés. Souvent, il y a plusieurs sources de stress – comme la maladie et le décès du conjoint – et la personne ne sait pas toujours y faire face.

    Le stress des aînés

    Le stress apparaît à tous les âges, mais certaines de ses sources sont plus particulièrement présentes chez les aînés. Ceux-ci peuvent en effet craindre de perdre différentes choses : le contrôle sur leur vie ou leur environnement, leur force physique, leur productivité, leur indépendance, leurs capacités intellectuelles, ou encore leurs amis et proches.

    Lors du passage à la retraite, une personne est également confrontée à une série de changements. Les moyens de subsistance, l'identité et le mode de vie sont affectés. Ainsi, beaucoup de personnes constatent qu'elles n'ont plus les moyens de vivre comme elles en avaient l'habitude. Face à l'évolution du coût de la vie, payer ses factures ou se fournir en médicaments peuvent devenir de véritables sources d'inquiétude alors qu'il n'en était rien auparavant. (Voir à ce sujet la campagne Une vie après le travail).

    La maladie est également une importante source de préoccupation, que ce soit la personne elle-même qui est concernée ou bien son conjoint ou un proche qui devient malade ou dépendant. En effet, prendre soin d'un proche malade est une tâche particulièrement stressante.
    Une autre source de stress importante consiste à déménager en maison de repos, ce changement pouvant entraîner plusieurs pertes. Par exemple, la personne peut ne plus être en mesure de conserver certains effets personnels auxquels elle tenait beaucoup. Elle peut aussi perdre une partie de son intimité et du contrôle qu'elle avait sur son existence. Devoir quitter une vie à laquelle elle est habituée pour une vie tout à fait nouvelle et incertaine peut engendrer une forte inquiétude.

    La perte de son conjoint est encore une source de stress considérable. Celle-ci engendre généralement une importante perte de sécurité et de compagnie. Dans la mesure où les liens de la famille nucléaire se sont souvent relâchés, les aînés confrontés à la perte de leur conjoint n'ont parfois plus de famille proche à leur côté. Leurs enfants, adultes, parfois très occupés avec leurs propres vies et familles, ne sont peut-être pas disponibles pour aider leur parent âgé. Une perte plus difficile encore, et dont la fréquence augmente en raison de l'allongement de la durée de vie (on estime qu'une personne sur dix vit une telle expérience), est celle d'un de ses enfants. En plus de la douleur occasionnée, une telle perte peut affaiblir de façon importante le réseau social de la personne âgée.

    Enfin, pour certains aînés le nouveau rôle de grands-parents peut s'avérer source de stress. En effet, ce dernier s'avère parfois fort exigeant et oblige à se replonger dans des difficultés qui avaient été oubliées depuis longtemps.

    Comment peut-on gérer le stress ?

    Le stress met notre corps à rude épreuve, si bien que nous avons spontanément tendance à souhaiter le réduire mais par quels moyens ?

    Parmi ceux-ci, on retrouve tout d'abord un mode de vie actif et sain, au niveau de l'alimentation, du sommeil comme de l'exercice physique. Marcher, nager, faire du vélo ou même danser – sans préoccupation de performance – peuvent s'avérer d'excellentes options.

    Même si cela peut paraître anecdotique, certaines personnes âgées trouvent réconfort et compagnie auprès d'animaux. De nombreuses recherches ont en outre montré que posséder un animal de compagnie peut réduire la pression artérielle et le stress des personnes âgées.

    Le bénévolat peut également s'avérer être un remède contre le stress, même si cela peut sembler paradoxal de prime abord. Travailler avec d'autres personnes aide à donner un sens à sa vie, à gagner de la confiance en soi et à prendre du recul par rapport à ses difficultés.

    Enfin, l'attitude que l'on appelle parfois « pensée positive » et qui consiste à prendre conscience de ses réussites et de ses forces et à accepter ce qu'on ne peut changer, peut s'avérer porteuse pour augmenter sa confiance en soi et faire face au stress. La méditation, la pleine conscience, le yoga et les exercices de respiration peuvent aider à réduire le stress.

    Si le stress devient chronique, il est souvent opportun de faire appel à un professionnel de la santé mentale. Certaines difficultés peuvent émerger à cet égard lorsque la personne âgée perd le contrôle sur les soins qui lui sont dispensés, que ce soit en raison d'une réelle diminution de sa capacité à évaluer ce qui est bon pour elle ou d'une forme regrettable d'abus psychiatrique. Le risque n'est en effet pas nul qu'une personne âgée soit placée sous traitement psychiatrique pour la seule raison que ses réactions de stress gênent son entourage ou son milieu de vie. Par exemple, il arrive qu'on prescrive des psychotropes à certains résidents de maisons de repos parce qu'ils sont trop bruyants ou manifestent le souhait de partir... ces comportements n'indiquant pourtant nullement qu'ils souffrent d'un quelconque trouble psychiatrique. Il nous semble important de rester vigilants quant à ces questions.

    L'importance du soutien social

    L'adaptation aux différents changements mentionnés dépend de ressources qui peuvent être propres à la personne ou issues de leur environnement. Parmi ces dernières, le soutien social s'avère être un facteur de protection face au stress, et particulièrement pour les personnes âgées. En effet, ce dernier limite l'impact du stress sur la santé en agissant sur les perceptions, les émotions et la physiologie de la personne. Outre ces effets positifs sur le stress, le soutien social a également d'importants avantages sur le bien-être en général. Il diminue la solitude et augmente le sentiment d'appartenance à une communauté, augmente le sentiment d'avoir de la valeur (« si des personnes passent du temps avec moi, c'est que je dois en valoir la peine ») et donne un sentiment de sécurité (il apporte des informations, des conseils et une aide dans différentes situations, ce qui s'avère rassurant).

    Pour pouvoir bénéficier de soutien social, il faut évidemment avoir un réseau social. Or, la perte ou la diminution de ce dernier fait précisément partie des sources de stress habituelles des aînés. Dès lors, il peut s'avérer porteur de se recréer un nouveau réseau social, ou de rejoindre une communauté existante (unie autour de mêmes idéaux de société, d'une même passion, d'une même conviction religieuse...). Nous conclurons en soulignant combien Énéo, comme mouvement social, peut répondre à ce besoin élémentaire de réseau social. En cela, il est probable qu'il constitue, pour ses membres, une aide face aux nombreux stress de l'existence.