Rencontre du Cabinet de la Ministre de la Santé, les suites !

    Budget 2017 : les aînés ont du mal à avaler la pilule !

    La Ministre de la Santé, Maggie De Block, a prévu des économies à hauteur de 900 millions dans les soins de santé en expliquant que cela ne toucherait pas les patients. Ces mesures les affecteront pourtant bel et bien !

    Une délégation d'Énéo a rencontré le Cabinet de la Ministre de la Santé le 21 avril 2017 afin de présenter ses alternatives et obtenir des réponses à ses questions.

    Voir le communiqué du 21.04.2017.

    Gaspillage de médicaments et surconsommation :

    Selon le Cabinet, les gaspillages seraient dus pour 1/3 au fait que nombre de patients ne consomme pas les médicaments prescrits (dont les aînés...). . Le fédéral n’est plus compétent en la matière. Il faut donc que les régions dynamisent leurs actions de sensibilisation et de prévention.

    Pour le Cabinet, la lutte contre la surconsommation passe par une augmentation de prix/un remboursement moindre surtout pour les antibiotiques et les antiacides pour lesquels ils recherchent par ces augmentations une modification du comportement alimentaires des patients.

    Achat des médicaments sous le système KIWI au niveau européen

    Notre idée de passer par des appels de marché fermés (système KIWI) au niveau européen n’enthousiasme pas le Cabinet, arguant d’une expérience malheureuse aux Pays Bas où l’un des marchés n’avait pu être honoré par le soumissionnaire forçant le recours à d’autres fournisseurs plus chers qui ont profité de la pénurie.

    Les firmes pharmaceutiques ont accepté de contribuer aux efforts budgétaires via le Pacte d’avenir (2015) et la taxe sur le marketing. Il faut donc leur laisser des marges suffisantes (Sic).

    Généralisation de la prescription individualisée (PMI)

    Selon le Cabinet, elle ne serait pas fort extensible vu le coût pour les pharmaciens indépendants. Elle ne pourrait concerner que les coopératives, cette type de prescription n’est donc pas généralisable.
    Une plus grande autonomie des pharmaciens par rapport aux prescriptions demande de modifier énormément de textes légaux...

    Malgré les réponses du Cabinet, nous restons sur nos questions parce que :

    pour la PMI, les grossistes répartiteurs de médicaments qui approvisionnent les pharmaciens indépendants peuvent ou sont déjà équipés.

    pour le système KIWI, l’appel de marché public doit légalement prévoir des pénalités en cas de non-exécution, de quoi contrebalancer les surcoûts. D’autre part, pourquoi devoir compenser les pharmaciens si la délivrance est déjà rétribuée à cette hauteur (4.32 €/boîte) ?

    augmenter le coût des médicament afin d’éviter la surconsommation pénalise tout le monde. La prescription est le fait du médecin qui peut réguler voire refuser de prescrire. Cela ne pénalise pas le patient qui en a réellement besoin.

    Énéo est conscient qu’il faut sensibiliser les aînés, ce qui est déjà fait mais de là à reporter la responsabilité sur le patient.

    Cependant :

    • Il appartient au législateur et à l’exécutif de modifier les textes légaux pour obtenir un meilleure politique et une meilleure gestion de la santé. Un texte légal n’est pas gravé dans le marbre et peut être adapté avec un peu de bonne volonté politique.
    • En ce qui concerne la surconsommation d'antibiotiques et d'antiacides, le cabinet incrimine pour 1/3 les patients alors que la clé se trouve chez les prescripteurs dont le profil permettrait de prendre aisément des mesures correctrices.
    • Le stockage des différents conditionnements se fait chez les grossistes qui livrent ensuite les médicaments plusieurs fois par jour (généralement en moins de 3h).
    • L'honoraire de délivrance des petits conditionnements peut être réduit (En Belgique la délivrance d’une boite, petite ou grande, est rémunéré par l’INAMI à hauteur de 4,32 euros). Si le médicament est utile ,un plus grand conditionnement suit rapidement.

    Nouvelle intéressante

    Une expérience pilote est prévue en 2018 en vue d’instaurer obligatoirement dès 2019 un dossier pharmaceutique informatisé par patient. Ce projet VIDIS sera partagé par les structures sécurisées régionales Vitalink (Flandre), Intermed (Wallonie) et Brucare (Bruxelles) ce qui permettra à tous les prestataires et à tous les pharmaciens de connaître les médications en cours et d’éviter les doubles emplois ou les incompatibilités.
    Cette expérience est positive dans l’intérêt des patients et nous avons rappelé notre revendication de rendre le Dossier médical global (DMG) obligatoire.
    Le cabinet se trouve là confronté disent-ils aux limites de la protection de la vie privée. Il faut donc un accord du patient motivé par la majoration de remboursement en cas de DMG .. Alors VIDIS obligatoire sans consentement mais pas le DMG ????

    Nous devrions recevoir du cabinet des documents nous permettant de mieux nous rendre compte de l’action de la ministre et ainsi continuer notre action d’éducation permanente.

    Dossier à suivre donc !